Kozhaë
blog, perspectives, et sélection de vêtements vintage

Soyon clair.e.s d’entrée de jeu, il n’y a pas de définition de mode durable, mode éthique, mode vintage ou slow fashion dans le Larousse. Ils s’imiscent dans notre vocabulaire depuis plusieurs années déjà, sont employés par de nombreux acteurs différents : presse, grandes maisons de mode, grandes enseignes de l’industrie textile, entreprises locales… L’idée est de décrypter leurs usages et comprendre ce qu’ils englobent.

 

  • Fast Fashion : si on enlève le S ça fait Fat et ça marche aussi

La fast-fashion est à la mode ce que le fast-food est à la bouffe : une orgie sans mesures, un truc bien pornfood et pas forcément délicieux. Ce terme vient de l’anglais, « mode rapide », et commence à être employé il y a 20 ans.

Une mode rapide, tout est dit.

Le principe de la fast-fashion est de produire sans cesse de nouvelles collections, pour proposer au client la dernière tendance ou mieux, celle à venir, au meilleur prix. Aussitôt dessinée, aussitôt en boutique : tout doit être fast, tant dans les patrons des modèles, dans le choix des matériaux, qu’en ligne de production. La qualité en est forcément impactée, et les dégâts sur notre planète sont considérables : tel est le prix d’une mode « pas cher ».Peu importe, la collection prochaine arrive dans un mois, ces vêtements ne sont pas faits pour durer.

 

  • Slow Fashion, mode au ralenti

Slow-fashion, littéralement « mode lente » ou « mode ralentie » ou encore « mode au ralenti », tout ça se vaut.

Ce terme arrive en réponse au principe de la fast-fashion, pour identifier d’autres manières responsables d’envisager la mode. Plus qu’un modèle de fabrication, c’est un mouvement qui invite à des alternatives responsables pour consommer et produire la mode autrement : mieux, et moins.

Less is more.

C’est réparer plutôt que jeter, c’est se construire une garde-robe éthique, de pièces de qualités, de seconde main, vintage, ou de boutiques éco-responsables et éthiques… C’est un ensemble de gestes et d’attentions luttant contre la surconsommation, les mauvaises conditions de fabrication, et les vêtements jetables.

 

  • Mode équitable

On peut aussi entendre parler de mode équitable. Il s’agit d’être solidaire avec des populations défavorisées, et leur assure un salaire digne et honnête. C’est aussi une histoire de savoir-faire et de transmission de conaissance. On peut retrouver cette dimension équitable peut se retrouver dans les productions de matières première, dans le travail de confection, ou mieux, dans les deux.

 

  • Mode éthique

Le terme mode éthique, dans son usage, semble quant à lui faire référence aux conditions de travail, à la santé au travail, aux salaires, aux droits des employés. Englobant aussi la question du bien-être animal.

 

  • Mode durable

Par mode durable et responsable on entend mode idéale pour l’environnement. Bien entendu, l’idéal pour l’environnement est de ne pas produire. On peut qualifier de durable ou responsable une matière naturelle, recyclée, biologique, une production sans produits toxiques, ou ayant fait des efforts sur son émissions CO2…

Durable évoque l’idée du mieux, même d’un petit mieux. Car peut-être durable une collection été en lin bio teint au chlore, formaldéhyde et métaux lourds, et produite à l’autre bout du monde dans une usine tournant 24/24h, par des salariés rémunérés quelques centimes de l’heure.

Tout est relatif, aucune règle ne régit ce terme.

 

  • Mode circulaire

L’économie circulaire est un modèle économique qui s’oppose au schéma linéaire. Dans le textile, les champs d’actions sont nombreux. Troc, vente et dons de vêtements de seconde-main et vintage, upcycling, recyclage et à la transformation. Le principe reste de préserver la planète au maximum, de faire le plus possible à partir de ce dont on dispose déjà.

 

  • Seconde main

Consommer des vêtements de seconde main ou d’occasion c’est leur donner une deuxième, troisième vie. C’est récupérer ou acheter un vêtement à quelqu’un qui n’en voulait plus. C’est être un.e nouvel.le heureux.se propriétaire. C’est encore une fois, trouver son bonheur parmi ce qui est déjà là. Il est possible d’acheter de seconde main des vêtements de fast-fashion, les deux expressions ne sont pas incompatibles.

 

  • Mode vintage

Quand on parle de vêtements vintage, on parle en effet de vêtements qui ont probablement déjà eu une ou plusieurs vies. Comme les vêtements de seconde-main. Cependant ils datent d’au moins 20 ans. Sont d’époques. C’est comme les voitures de collection. C’est l’assurance d’avoir une pièce unique et authentique, plus solide et durable dans le temps, les objectifs de confection d’époque étant différents.

 

  • Upcycling

L’upcycling évoque le recyclage d’objets recyclés, et transformés en produits de valeur ou de qualité supérieure. Un drap qui devient une jolie robe, c’est de l’upcycling !

 

  • Downcycling

Le downcycling rejoint le même principe, prolonger la vie des vêtements et matériaux. Cependant ceux-ci sont transformés en produit de valeur inférieure : un vieux tee-shirt en jersey de coton qui devient un chiffon par exemple.

 

Et comme mode durable est déjà pris, comment qualifieriez-vous un vêtement fait pour durer dans le temps ?